Vues de l’exposition Cette famille, Angle 2

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Du 19 janvier au 23 février 2013 avec les artistes : Luc Dufrène, Laurent Fiévet, Agnès Geoffray, Laurent Le Bourhis, Loic Le Verche, Céline Tuloup.

© prises de vues : Sandrine Creusot

Cette famille 1 et 2, des expositions collectives. Un commissariat de Sandrine Creusot, Des expositions invitées Commentaires fermés sur Vues de l’exposition Cette famille, Angle 2

Cette famille, Angle 2

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Cliquez sur les images pour accéder aux sites personnels des artistes.

© Agnès Geoffray

Cette famille, Angle 1 / Angle 2

Cette famille Angle 1 et Cette famille Angle 2 regroupent 13 artistes explorant la notion de famille à travers diverses formes d’expression contemporaine. Dessins, broderies, photographies, vidéos et installations se côtoient du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 et du 19 janvier au 23 février 2013 en deux expositions, deux visions, deux angles complémentaires et opposés. Au détour des deux salles de La Conserverie, en transparence dans la grande vitrine, au centre d’une table, suspendues au plafond, épinglées au mur, apposées sur des étagères, les multiples propositions dialoguent dans l’espace.

Sandrine Creusot et La Conserverie ont le souhait de faire partager leur enthousiasme pour le lexique familial, explorant les dimensions poétiques, parfois tendres, drôles voire plus obscures qu’il offre. Treize artistes pris au jeu de Cette famille, une exploration ambigüe et risquée d’une histoire familiale véritable, fictive ou fantasmée. Autour de cette thématique si commune, chacun exprime un point de vue singulier. Treize visions disséquant leurs pratiques. Treize équilibres fragiles entre spontanéité et faux-semblant, non-dits et révélations.

La famille connaît aujourd’hui des mutations profondes et constantes dans toute sa diversité, politique, religieuse ou amicale. Ainsi, les œuvres présentées s’inscrivent dans le présent et témoignent de la réalité sociale actuelle, tout en questionnant la complexité des rapports affectifs, des liens, des racines. Certaines figent des instants du quotidien parfois douloureux ou évoquent une inquiétante étrangeté. D’autres suspendent le temps, jouent sur la mémoire et la disparition. Les artistes réfléchissent ainsi à ce qu’impliquent les notions de descendance, filiation, généalogie, génération, parenté, foyer, tribu, etc.

Chaque production nous entraîne dans un univers, nous raconte une histoire, une portion d’humanité.

Angle 1
s’est déroulée : du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 avec les artistes : Dominique Colson, Virginie Fuhrmann, Loic Loutz, Julie Luzoir, Marion Plumet et Marion Viot, Laurent Rousset, Anne-Sophie Velly.

Angle 2 : du 19 janvier au 23 février 2013 avec les artistes : Luc Dufrène, Laurent Fiévet, Agnès Geoffray, Laurent Le Bourhis, Loic Le Verche, Céline Tuloup.

Sous le commissariat d’exposition de Sandrine Creusot.


C’était la dernière fois ! de Luc Dufrène

Les événements vécus et les relations développées avec les membres de notre famille, en particulier durant l’enfance, ont engendré chez chacun d’entre nous une manière singulière de réagir et de communiquer.

A travers cette série photographique représentant un évènement insolite, Luc Dufrène esquisse une réflexion personnelle sur son passé et tente de prendre conscience de ce qui le compose. Il s’interroge sur son origine sociale, son éducation, sa jeunesse, mais aussi sur l’état actuel de ses comportements, de ses relations, de sa vie sentimentale, de son avancement personnel ou professionnel, bref sur tout ce qui constitue le background de sa vie.

Swing 1 De Laurent Fiévet

Swing High, Swing Low
rassemble une quarantaine de montages qui ont en commun d’être élaborés à partir d’un extrait de film où apparaît une balançoire. Balayant une très large période de l’Histoire du cinéma, couvrant le début du vingtième siècle aux années 2010, et des œuvres où sa présence joue un rôle emblématique ou bien plus anecdotique, la série use du motif comme prétexte pour proposer une relecture originale des films guidée principalement par les jeux de battements qu’il permet d’introduire dans l’espace. Si certains montages suivent étroitement la logique des mouvements de l’objet pour introduire ce processus, d’autres préfèrent toutefois travailler à une restructuration plus importante des séquences où il figure pour engager une réflexion plus générale sur le lien à l’Autre où il est aussi bien question de désir, d’amour que de défiance, de sentiment d’abandon et de folie.

Opérant sur certains montages des effets d’accélération et de ralenti, distendant parfois les extraits à la limite de la rupture, la série privilégie, en référence au motif, des jeux d’allers et retours au sein des films qui se manifestent tout autant dans le défilement des images que dans la manipulation de la bande sonore. Chaque montage suit toutefois sa logique propre en fonction de la situation narrative exposée et permet ainsi à la série d’aborder une gamme de solutions techniques à la fois variée et contrastée.

Au-delà de l’ensemble d’analyses qu’il met en place sur les codes de nos sociétés contemporaines, la série interroge notre mémoire lacunaire des œuvres et leur propension à se reconstruire dans notre imaginaire. Il est en effet question tout autant dans la série de notre capacité à faire retour sur des images connues que des résistances que nos souvenirs mettent en place vis-à-vis des œuvres qui nous traversent et nous émeuvent. De cette faculté des films à vivre et à se réinventer en nous, la balançoire retranscrit ainsi le mouvement.

Nights d’Agnès Geoffray

La série déploie sous nos yeux un univers onirique et poétique à l’inquiétante étrangeté. Un univers teinté en bleu nuit, couleur de toutes les peurs et de tous les fantasmes. Une sorte de l’effrayant et du fascinant qui se rattache aux choses connues depuis longtemps et de tout temps familières. Une figurabilité de nos peurs d’enfance.
Les images présentées sont des photographies de nuit, prises dans l’obscurité la plus complète. Toutes les mises en scènes, figurent les membres de ma famille, mes proches. Une obscurité enveloppante cerne tous les personnages et les paysages, conférant une aura inquiétante et fantomatique à la cellule familiale. L’invisible se révèle visible, et une autre réalité surgit devant nous, peuplée de figures énigmatiques. Les scènes représentées semblent volées, prologues à un événement inconnu dont on pressent l’intensité dramatique.

Je m’intéresse à activer un désir scopique et des pulsions voyeuristes. Les yeux de chaque personnage attirent notre regard par leur opalescence : l’éclairage nocturne se réverbère dans leur rétine. La dimension scopique du ‘je regarde, je suis regardé’ prend alors tout son sens.

Blue Screen of Death de Laurent Le Bourhis

Blue Screen of Death est un album photo panoramique, une étendue face à laquelle le mouvement répond à l’absence, un désert saturé d’images banales et personnelles comme le sont les albums numériques en ligne desquels sont extraites ces images avant leur transformation par le procédé Polaroïd.
Le déplacement du visiteur-voyeur, sa trajectoire générée par son désir de rétablir un ordre chronologique ou sa simple curiosité apparaît comme une réaction physique à ce qui n’est pas exposé : le laps de temps entre 2 prises de vues d’un même individu. Les images, précises et identifiées, demeurent toutefois insignifiantes et ne proposent que des indices, des points de repère à partir desquels la reconstitution du parcours d’une vie inconnue peut s’engager, reliant les images entre elles en une chorégraphie de la disparition.

« Blue screen of death » est un terme issu du langage informatique. L’écran bleu – fatal – s’affiche dans trois cas : une panne matérielle, un défaut de conception du logiciel, ou une infraction aux lois du système d’exploitation.

Maman de Loic Le Verche

Il est bien évident que pour un appel à projet dont le thème est la famille, les premières idées qui hantent les esprits sont celles d’une photo regroupant quelques individus bien heureux dans un lieu particulièrement chaleureux.
Or pour certaines personnes, et je me compte parmi elles, la famille n’existe plus étymologiquement à partir d’une date clé, celle d’un divorce prononcé par un juge, tant attendu par une mère et un père. Une séparation qui force les enfants à vivre d’un côté ou de l’autre de sa famille. Pour ma part, j’ai vécu la majeure partie de ma vie du côté de ma mère. Alors en ce qui concerne le terme « famille », je m’assure de ne vous en présenter qu’une partie, mais la plus importante : « Maman ».



Le dîner en famille de Céline Tuloup

Le dîner en famille est une installation présentant la fin d’un repas. Elle est composée d’une nappe (La Nappe) dont les tâches sont rebrodées et de ses serviettes assorties (Les Restes).
En rebrodant les tâches sur la nappe, l’historique des anciens repas réapparaît et par-delà, l’histoire de la famille. La broderie agit ici comme un produit révélateur et sublimatoire transformant en parure des signes saleté et de maladresse que l’on désire effacer.
Sur les serviettes (Les restes), ont été brodées les planches du test de Rorschach, outil clinique d’évaluation psychologique de type projectif. Tandis que celui-ci consiste en une série de planche de tâches d’encre symétriques principalement noire, ces formes prennent, dans l’installation, la teinte du vin, de tomate ou d’autres traces de cuisine domestique. Le titre « les restes » se réfère à l’expression française « les restes » pour évoquer les résidus de nourriture après un repas. Ceux-ci sont, traditionnellement, transformés pour être consommés de nouveau. Mais le titre peut aussi être interprété sous un angle psychanalytique. Les restes sont alors les traces mnésiques de la vie en famille, de l’enfance. Pour la théorie psychanalytique, ces souvenirs sont à l’origine de névrose. Aussi, une fois adulte, que fait-on de ces restes, comment les transforme-t-on ?

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Vues de l’exposition Cette famille, Angle 1

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Du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 avec les artistes : Dominique Colson, Virginie Fuhrmann, Loic Loutz, Julie Luzoir, Marion Plumet et Marion Viot, Laurent Rousset, Anne-Sophie Velly.

© prises de vues : Luc Dufrène

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Cette famille, Angle 1

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© Portés de famille #1 de Marion Plumet et Marion Viot

Cette famille, Angle 1 / Angle 2

Cette famille Angle 1 et Cette famille Angle 2 regroupent 13 artistes explorant la notion de famille à travers diverses formes d’expression contemporaine. Dessins, broderies, photographies, vidéos et installations se côtoient du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 et du 19 janvier au 23 février 2013 en deux expositions, deux visions, deux angles complémentaires et opposés. Au détour des deux salles de La Conserverie, en transparence dans la grande vitrine, au centre d’une table, suspendues au plafond, épinglées au mur, apposées sur des étagères, les multiples propositions dialoguent dans l’espace.

Sandrine Creusot et La Conserverie ont le souhait de faire partager leur enthousiasme pour le lexique familial, explorant les dimensions poétiques, parfois tendres, drôles voire plus obscures qu’il offre. Treize artistes pris au jeu de Cette famille, une exploration ambigüe et risquée d’une histoire familiale véritable, fictive ou fantasmée. Autour de cette thématique si commune, chacun exprime un point de vue singulier. Treize visions disséquant leurs pratiques. Treize équilibres fragiles entre spontanéité et faux-semblant, non-dits et révélations.

La famille connaît aujourd’hui des mutations profondes et constantes dans toute sa diversité, politique, religieuse ou amicale. Ainsi, les œuvres présentées s’inscrivent dans le présent et témoignent de la réalité sociale actuelle, tout en questionnant la complexité des rapports affectifs, des liens, des racines. Certaines figent des instants du quotidien parfois douloureux ou évoquent une inquiétante étrangeté. D’autres suspendent le temps, jouent sur la mémoire et la disparition. Les artistes réfléchissent ainsi à ce qu’impliquent les notions de descendance, filiation, généalogie, génération, parenté, foyer, tribu, etc.

Chaque production nous entraîne dans un univers, nous raconte une histoire, une portion d’humanité.

Angle 1 : du 8 décembre 2012 au 12 janvier 2013 avec les artistes : Dominique Colson, Virginie Fuhrmann, Loic Loutz, Julie Luzoir, Marion Plumet et Marion Viot, Laurent Rousset, Anne-Sophie Velly.

Angle 2 : du 19 janvier au 23 février 2013 avec les artistes : Luc Dufrène, Laurent Fiévet, Agnès Geoffray, Laurent Le Bourhis, Loic Le Verche, Céline Tuloup.

Sous le commissariat d’exposition de Sandrine Creusot.

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Les racines exposées de Dominique Colson

Installation éphémère en quête d’illusion.

Suspendues entre ciel et terre, feuilles et racines nourries de courants d’air, ces plantes sauront-t-elles trouver dans leurs seules ressources quelque espoir ou raison d’y croire ?
Qu’est-ce qui nourrit le visible ? Quelle est la part de responsabilité de l’environnant ?

Exposées aux regards de tous ceux qui franchiront la porte de la Conserverie, elles nous raconteront en silence cette famille… la nôtre, les nôtres.

Cette proposition fait suite à de précédentes approches plastiques et poétiques réalisées en 2010 et 2011 : « Caïn aime Abel » et « Le passer en travers du silence » où il est autant question de l’individu au sein d’une famille que de son devenir en dedans ou au dehors du groupe. Où il y est aussi question de frontières (in)franchissables qui délimitent tous nos choix et non-choix.
L’espace familial s’entend dans un temps si incroyablement long, comme sphère névrotique, territoire à partager ou à conquérir, à co-construire ou bien encore… à détruire.

Le temps d’une vie, pas moins. De plusieurs vies, souvent. Temps décompté.

Portraits de Virginie Fuhrmann

Portraits est un travail de Pénélope lié à la disparition. J’utilise des photographies scolaires de professionnels. Celles-ci sont choisies pour leur neutralité (mise en scène, pose stéréotypées) : chaque photographie est différente et identique aux autres. Elles sont en noir et blanc : un passé intemporel. Seuls les vêtements et les coupes de cheveux figurés nous donnent une indication sur la période où ont été pris les clichés.

Les photographies peuvent avoir un caractère mortifère. Ces enfants étaient mais ne sont plus : l’image correspond à leur passé, un souvenir, une mémoire. Pour combattre la fixité je transpose les photographies sur une matière molle. La vie naît de la qualité propre de la matière utilisée (la matière textile qu’est le tricot) et du système d’accrochage changeant la forme des visages à chaque accrochage. Tout bouge, se transforme, est mangé par les mites…une vie changeante, mouvante rompant avec la stabilité du papier glacé (sans parler des difficultés de la conservation des arts graphiques en général et du support photographique en particulier).

Il s’agit de la fabrication d’une peau tendue en référence aux peaux peintes. C’est une peau, une couverture, un objet qui recouvre, un doudou de passé. Les punaises qui tendent les tricots font référence aux photos d’enfants disparus. L’image est crée d’un seul fil (plusieurs fils noués afin de construire le jacquard) avec un début et une fin.

« Nous avons tous un enfant mort en nous que nous transportons, qui est ce que nous étions et ce que nous ne sommes plus » Christian Boltanski.

Les mères et l’enfant de Loic Loutz

Il y a quelques années, lors des débats sur le PACS à l’Assemblée nationale, Madame Christine Boutin s’insurge. Dans l’hémicycle, elle se lève et dénonce cette loi tout en brandissant un livre que beaucoup prendront pour la bible. Le PACS est selon elle un moyen détourné pour arriver au mariage puis à terme à l’adoption pour les couples gays. L’actualité lui donne raison. Avec l’élection de François Hollande (qui avait annoncé lors de sa campagne sa volonté de légaliser l’accès au mariage pour les couples gays) au poste de président de la république, c’est la forme biblique de la famille qui est remise en question.

Le débat actuel sur la condition gay rappel le rôle joué par les religions dans la création des normes sociétaires. Constantin 1er, par une habile conversion au christianisme a su rallier à sa cause un peuple jusqu’alors rejeté et persécuté. Grâce à cette stratégie, il a pu conquérir Rome (en 306 après JC) et en faire le premier pays chrétien. La mise en place de la nouvelle religion d’état se fit dans le sang et la destruction des temples voués aux anciens dieux. La morale Chrétienne fut imposée et toute forme de « libertinage » réprimandée.

Le mariage de raison entre politique et religion semble avoir fait son temps en occident. Cependant il a profondément marqué les sociétés. Les mœurs ont été dictées par la religion et assimilées des siècles durant par les peuples. Le formatage des esprits est si profond que la morale laïque se confond avec les dogmes Chrétiens. La Révolution Française n’y changera rien. Les libertés individuelles et l’envie de former un monde laïque se heurtent au conservatisme inconscient de la foule. Les débats passionnés actuels prouvent la difficulté de sortir totalement de la tradition millénaire chrétienne, même dans un pays pourtant souvent qualifié de post-chrétien.

Le projet « Les mères et l’enfant » consiste en la réalisation d’un vitrail représentant, l’une des nouvelles formes de famille. que devrait permettre le gouvernement Hollande. Le débat pour ces nouvelles libertés consistant entre traditionaliste et progressiste, il m’a semblé logique que le mode de représentation puisse exprimer les deux courants contradictoires. Le choix du vitrail s’est alors imposé car faisant partie de la tradition chrétienne tout en connaissant une réappropriation contemporaine dans des domaines profanes.

Avec l’enfant de Julie Luzoir

À l’heure où les rues se remplissent de contre-révolutionnaires, militants contre les droits de certains, contre une loi qui autoriserait le mariage (puis sans doute) l’adoption pour tous, nous sommes amenés à reconsidérer la Famille. Je constate que nous peinons à sortir d’une culture patriarcale ancestrale, où chacun se retrouvait autour du père, du grand-père pilier d’un groupe familial. Pourtant, si nous devons résumer la famille du XXIème siècle à sa constituante essentielle, il me semble que cet élément serait l’enfant. L’enfant est générateur, c’est le point de départ d’une nouvelle famille qui se crée autour de lui : il fait passer d’amants à père et/ou mère, à parent 1 et parent 2.

Avec l’enfant est une série de dessins qui témoignent de ce point de vue en présentant des scènes de famille qui suivent un schéma hétérosexuel, homosexuel ou monoparental. Les scènes sont tirées d’archives photographiques personnelles où un membre de ma famille, photographié pendant son enfance, est le sujet principal. Le jaune devient alors la seule couleur de cette série de dessin, il est le blond qui caractérise ma famille.

Portés de famille de Marion Plumet et Marion Viot

Retrouver, avec un étrange décalage, des attitudes inscrites dans un imaginaire commun. Cette réflexion est à la source du projet Portés de famille. Il s’agit de portés mère/enfant. Mais ici, les mères ont vieilli et les enfants ont grandi, ils sont adultes. Nous avons choisi d’explorer le porté comme un mode de représentation des rapports entre les individus. Dans le cadre de notre proposition, il privilégie le lien filial qui unit l’enfant adulte à sa mère, de ce fait, une expressivité propre à chaque duo se dégage.

Le projet s’inspire d’images qui font partie de notre patrimoine culturel et de notre imaginaire collectif : le porté dansé, le porté représentant la Vierge Marie et Jésus dans les tableaux religieux, la mère portant son enfant dans les portraits de famille. Le savoir commun du public quant à ces images permet de s’intéresser moins à l’histoire de chacun qu’à son interprétation.

La vidéo est ralentie, matérialisant ainsi l’histoire des duos, les différents états de corps à corps en mettant en avant les jeux d’opposition : l’humour et le sérieux, le sacré et le démystifié, la certitude et le doute, la retenue et la démesure, la tension et l’abandon, le mouvement et la suspension, l’impossibilité et l’envie… Le temps des vidéos est donc un temps synthétique, un temps produit par les machines, un temps calculé à partir de points donnés ; c’est une représentation du temps et non le temps réel (l’action ne dure qu’une minute, mais est étirée en une dizaine de minutes). Dans cette durée propre au médium s’opèrent les métamorphoses des corps.

Formellement, un porté est composé d’un « levé », d’une « tenue » et d’un « lâché ». En nous appuyant sur une homonymie grammaticale, nous empruntons un vocabulaire chorégraphique que nous déclinons en gestes performatifs. Ces derniers traduisent le langage humain évoquant la pluralité des liens générés par les Portés de famille.

Ymobil de Laurent Rousset

Nous avons tous ressenti ce sentiment d’universalité, quand parfois notre regard se perd dans la boîte à souvenirs d’une autre famille que la sienne.
Les mêmes couleurs passées des vieux papiers photos, les mêmes poses un peu stéréotypées, les mêmes postures quelque peu étriquées, les mêmes sourires légèrement outranciers, le même cadrage un peu trop large et excentré.
Passé cet instant, on imagine ce que sont devenues les personnes immortalisées par la pellicule. On semble comprendre dans les attitudes, les liens qui les unissent, les haines assourdies par la circonstance de la prise de vue, les regards en coin qui en disent long, la distance dans un comportement. Ont-ils changés de coupes de cheveux, de look vestimentaire, de mari, les cheveux sont-ils tombés ? Le temps a fait son œuvre jusqu’à l’inéluctable.

On regarde avec émotion, le sourire aux lèvres, ces captures du temps passé. Ces instants figés comme les personnages en plastiques qu’on fait sortir d’un carton poussiéreux.

La vie est ainsi fête d’Anne-Sophie Velly

Des photographies dans lesquelles l’image est découpée progressivement en forme de confettis comme pour effacer toutes traces.

Les photos de familles sont généralement prises dans des moments où tout semble aller pour le mieux, et dans le cas contraire, on fait semblant, pour faire bonne figure.
La photo immortalise en général un moment de fête, un souvenir agréable emprisonné sur un simple et fragile petit bout de papier de 10 centimètres sur 15.

Les photos de famille sont pour moi des images d’Epinal, elles ne montrent que le bon côté des choses… En détruisant l’image papier, je détruis le souvenir contrefait que la mémoire avait construit, une mémoire sélective, une mémoire protectrice.
L’action de les transformer en confettis signifie une fois de plus, l’apparente légèreté d’un moment précis ; la vie est ainsi fête

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